Rencontré au Studio Bleu, Jean-Yves Leloup évolue au croisement de la musique, du son, de l’art et des médias. Journaliste, témoin privilégié de l’émergence de la techno en France, il incarne deux dimensions essentielles du métier : la spécialisation et la radio.
La rencontre avec L’Atelier de Cédric
Au programme de cet échange : un parcours de journaliste spécialisé dans les cultures électroniques, mené aussi bien dans la presse qu’à la radio. Les photos de la rencontre sont à retrouver en bas de cette page.
Un parcours de journaliste
L’Atelier de Cédric @ Studio Bleu avec Jean-Yves Leloup
Journaliste, auteur, enseignant, designer et illustrateur sonore
Artiste et designer sonore au sein du duo Radiomentale, DJ, journaliste en presse écrite et radiophonique, critique, enseignant et parfois commissaire d’expositions, Jean-Yves Leloup évolue au croisement de l’univers de la musique, du son, de l’art et des médias. Ancien rédacteur en chef de Coda (premier mensuel techno français apparu en 1992) puis de Radio FG, il fût l’un des témoins privilégiés de l’émergence du mouvement techno et rave en France, dont il se fît l’écho à travers de nombreux articles et émissions de Radio (« Happy Hour », « Audio », « Global Techno Magazine). Au cours de ces vingt dernières années, ses articles et ses reportages ont été publiés dans Libération, Actuel, Tsugi, Trax, Remix, L’Affiche, Epok, Crash, Beaux-Arts, Le Journal des Arts, plus récemment Charles, sans oublier, depuis 2008, la revue en ligne Culture Mobile, dédiée aux mutations sociales et culturelles de la société numérique. Ses émissions de radio, chroniques, reportages, créations sonores et interview ont quant à elle été diffusées sur Radio FG, Radio Nova, Radio Grenouille, France Musique et France Culture.
Il enseigne actuellement la notion de « mise en scène sonore » à Paris, au sein de l’ISTS (Institut Supérieur des Techniques du Son) et le journalisme musical à l’Université de la Sorbonne Nouvelle. Il est l’auteur de quatre ouvrages : Musique Non-Stop (Le Mot Et Le Reste, 2015), Global Techno (Camion Blanc, 1999, Scali, 2008, Grand Prix de Littérature Musicale de l’Académie Charles Cros), Digital Magma (Sternberg Press 2006, Scali, 2007, Le Mot Et Le Reste, 2012), ainsi que d’un ouvrage hypermédia , La musique électronique, accessible gratuitement et en ligne, dans la collection Les Basiques du site Olats.org.
Ces informations datent de l’époque de la rencontre.
Journaliste spécialisé et radio : raconter une scène
Tous les journalistes musicaux ne couvrent pas « la musique » en général. Certains se spécialisent — un genre, une scène, une esthétique — et en deviennent la référence. Le parcours de Jean-Yves Leloup, attaché aux cultures électroniques depuis les débuts de la techno en France, illustre cette voie : accompagner un mouvement de l’intérieur, l’expliquer, le documenter, parfois avant que les grands médias ne s’y intéressent.
Cette spécialisation a une vraie valeur. Le journaliste spécialisé apporte une expertise que les généralistes n’ont pas : il connaît l’histoire, les acteurs, les codes, les ruptures. Il devient un passeur entre une niche et le grand public, et un témoin dont les archives font, des années plus tard, la mémoire d’une époque. Le risque, en contrepartie, est de perdre la distance critique quand on est trop proche d’un milieu que l’on aime.
La radio est l’autre grand terrain de ce métier — un média à part entière, distinct de l’écrit. On n’y écrit pas, on y parle : il faut une voix, un sens du direct, une science du montage. Chroniques, reportages, interviews, créations sonores : le journaliste de radio façonne le son autant que le propos. Les statuts y sont variables (de l’intermittence au CDI), avec des revenus très contrastés selon les antennes et les formats.
À ces deux casquettes s’ajoutent souvent d’autres activités — DJ, enseignement, création sonore — qui nourrissent le regard et stabilisent un parcours d’indépendant. En 2026, cet héritage radiophonique irrigue directement l’explosion du podcast, où la spécialisation pointue et la qualité sonore sont devenues des atouts décisifs.
Missions, parcours, statuts, salaires, erreurs à éviter : on a tout détaillé dans notre guide complet → Devenir journaliste musical en France.
Pourquoi cette rencontre a du sens
Parce qu’elle montre le journalisme musical sous l’angle de l’expertise et du son : être le chroniqueur d’une scène, et faire de la radio un art à part entière. Un parcours pionnier qui éclaire toute une famille du métier. Retrouve toutes nos rencontres du music business sur le blog des rencontres.
La rencontre en images














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Depuis 2010, Cédric Tilèpe documente les pros qui font la musique en France.
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